Ma raison échoue, que j’en sombre de dégoût.
Le vide, et lentement la rage éclot – pas encore assez. Ne rien pouvoir inscrire dans ton corps ; nous nous frôlons et je casse mes ongles à l'intérieur de mes paumes. La douleur, la mortification ne me libèrent pas ; tu me massacres à chaque regard, à chacune de tes fuites.
Elle est là, ELLE, qui a droit à toi – tes bras, les marques de ton affection. Je n'ai que des regards dévorants, miettes d'attention ; je suis l'illégitime.
[J'ai besoin de toi, de te serrer dans mes bras – de ne plus creuser à l'ongle mon ventre et ces kilomètres entre nous. Même lorsque tu m'es si proche.]
Ils ne quittent leur lit qu’en d’ultimes soubresauts ; je mange le présent, le temps de venir – dans les entrailles d’une passe. Instants perdus au lit d’un autre – à chaque fois.
Soupir d’extase dans une bulle d’espoir ; le corps vendu pour qu’il me garde, je me fends d’un sourire. Mon cœur, mes pensées, mes cuisses, que me volera-t-il de plus ? J’ai tant donné qu’il ne reste que quelques éclats : de moi, de ce que j’étais. Prévenue de son amour ; il ne m’avait pas menti : il me veut toute et me détruire.
Brumes hémoglobines goûtant le miel ; je m’en baigne les mains, onctueux et piquant. Le sang languit et coule de ma vertu.
